Publication

Quand le bois sert à boire, collection Regards sur la Vigne et le Vin en Valais, édition MVVV 2005,

Quand le bois sert à boire.

Collection Regards sur la Vigne et le Vin en Valais, édition MVVV 2005.

Quand le bois sert à boire

2005/Musée valaisan de la Vigne et du Vin

En janvier 2004, le MVVV se lançait dans une recherche sur la vaisselle en bois de la consommation du vin. Cette étude avait pour objectif d'étudier et de mettre en valeur des récipients en bois servant à boire le vin et qui pour l'heure n'avaient pas fait l'objet de recherches approfondies. Elle a commencé avec une enquête sur les coupes d'accouchée et les gobelets de bourgeoisie, et visait à définir une typologie des objets recensés, mais aussi leur usage et leur insertion dans la société valaisanne.

Si le vin de l'accouchée est bien connu en Valais, jamais la coupe elle-même n'avait été véritablement documentée. Les rares coupes conservées au Musée cantonal d'Histoire ont ouvert la voie. Quelques indices laissaient penser qu'elle avait pu être utilisée dans le val d'Hérens. Jusqu'à quand? Avait-elle une forme typique et codifiée? En trouvait-on ailleurs en Valais et en Europe? Rencontrer des témoins de l'existence d'une telle coupe n'a pas été chose aisée car son usage est tombé en désuétude durant la première moitié du XXe siècle déjà. Passant du contenant au contenu, la coupe a tout naturellement conduit au fameux vin de l'accouchée. La naissance d'un enfant est aujourd'hui encore l'occasion pour la famille d'offrir une bonne bouteille d'Humagne à la jeune maman. Humagne blanc ou Humagne rouge? La question est souvent posée et il valait la peine d'en savoir plus. L'enquête a révélé de belles surprises.

La recherche a également porté sur les gobelets utilisés par certaines Bourgeoisies. Pourquoi trouve-t-on de tels gobelets en bois encore en usage aujourd'hui, dans un Valais viticole soucieux de mettre en valeur la qualité des vins? A quels rituels ces gobelets sont-ils associés dans les bourgeoisies valaisannes? Ces objets se sont révélés être de pécieux témoins de l'enracinement identitaires de leurs utilisateurs, autant que des révélateurs d'une certaine folklorisation répondant à des intérêts d'ordre plutôt touristique.

D'un point de vue plus technique, l'étude s'est également intéressé aux gestes et savoir-faire de l'artisan-tourneur, de même qu'à l'identification des bois utilisés pour la fabrication de récipients à boire. Là encore, peu de documents écrits et d'images témoignent des gestes du passé, et l'approche empirique du conservateur-restaurateur a été essentielle pour retrouver et conserver la mémoire des savoir-faire oubliés.

Enfin, si la recherche a porté essentiellement sur des objets en usage aux XIXe et XXe siècle, il était intéressant de poser la question des origines des coupes en bois. Ont-elles existé en Valais durant l'Antiquité ? A quoi et à qui servaient-elles au Moyen Âge ? Archéologues et historiens dressent l'état des lieux et suggèrent des pistes de recherche.

Ainsi, au travers des regardes croisés de l'ethnologie, de l'archéologie, de l'histoire, de la biologie et de la restauration d'art, coupes et gobelets en bois deviennent les précieux témoins de la société valaisanne et de ses valeurs, et leur étude apporte un point de vue nouveau sur des manières de boire et d'apprécier le vin qui ont profondément changé au cours du XXe siècle.

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  • Quand le bois sert à boire. Collection Regards sur la Vigne et le Vin en Valais, édition MVVV 2005.